
De plus en plus de produits alimentaires sont censés nous faire du bien, parfois même prévenir ou guérir certaines maladies. Ils sont en général plus chers que les produits « ordinaires ».
Sont-ils vraiment utiles ? Peuvent-ils être dangereux?
Yaourts à la tisane pour bien dormir, (''abonne nuit'' de Mamie Nova), œufs enrichis aux Oméga 3, un acide gras protégeant à forte dose des maladies cardiovasculaires (oméga'' et de Petits Coquins de matines) laits vitaminés…
On ne compte plus les produits alimentaires censés nous faire du bien.
Depuis les premiers yaourts au bifidus ''actif'' apparus dans les années 80, il y en a pour tous et pour tous les gouts. Sans parler des compléments alimentaires, comme les cocktails énergisants ou diététiques, pour retrouver la forme ou la ligne...
Ces nouveaux aliments sont parfois appelés ''alicaments'' (pour "aliments" et "médicament"). Mais leurs vertus médicales sont rarement prouvées.
Elles ne sont évoquées que de manière que de manière évasive sur leurs emballages, d'autant que la loi interdit les| promesses mensongère.
Pour le professeur Bernard Guy-Grand, chef du service Nutrition de l'Hôtel-Dieu à Paris, « ces produits sont dans la plupart des cas inutiles pour les gens en bonne santé. On ne manque de rien, si on a une alimentation normale, suffisamment diversifiées » C'est-à-dire si on mange de tout : des fruits, des légumes, crus et cuits, des produits laitiers des céréales, de la viande, du poisson... C'est la seule hygiène alimentaire à promouvoir. Elle est heureusement accessible à la grande majorité des Français aujourd'hui.
Si certaines substances contenues dans ces aliments ont une utilité, rien ne prouve que se soit le cas à si faible dose. Rien ne prouve non plus que c’est la personne qui en a besoin qui va les acheter. Et il n'est pas impossible que l'association non contrôlée de produits divers aboutisse à une sorte de surmenage, même si, pris isolément, ces produits ne sont probablement pas dangereux. Comme le souligne le professeur Guy-Grand, ''en matière de santé, il y a peu de généralités, il y a surtout des cas particuliers. Chacun a des besoins spécifiques''. Autre contradiction de ces nouveaux aliments : ceux qui pourraient en avoir besoin et qui souffrent de carences alimentaires n'ont pas toujours les moyens de se les payer Mais le véritable risque des alicaments, selon lui, c'est d'encourager les gens à se soigner tout seuls.
"Quand on ne se sent pas en bonne santé, dit-il, il faut consulter son médecin. C'est à lui d'établir un diagnostic précis, de prescrire le bon remède, et d'en contrôler les résultats-'' Il ne s'agit pas de consulter le médecin plus tard, après avoir essayé les alicaments, encouragé par des slogans publicitaires. Des slogans qu'il trouve trop simplificateurs. ''Etre en bonne santé à 60 ans, ça ne sera jamais la même chose qu'être en bonne santé à 20 ou 30 ans. Et à tout âge, être en bonne santé, ce n'est pas non plus, par exemple, être mince comme un fil Aux personnes ayant passé le cap de la soixantaine et qui ne sont pas malades, le professeur Guy-Grand dit simplement : « continuez à manger de tout, en quantité raisonnable.
Et quand vous ne vous sentez pas bien, allez voir votre médecin »
En matière d’alimentation, le consommateur est protégé par un dispositif réglementaire efficace.