Le cerveau humain se différencie de celui des espèces animales les plus évoluées par le développement de son cortex (cerveau supérieur), auquel il faut quinze années pour arriver au terme de sa maturation ultime. Or plus longue est la maturation postnatal, plus complexe est le comportement de l’adulte d’une espèce considérée. C’est dire que ce qui fait la spécificité du comportement humain, c’est sa capacité à s’adapter aux conditions changeantes de son milieu physique et social.
Le nombre de neurones, dans le cortex hémisphérique ou ils se situent en plus grand nombre, est déterminé dés la naissance, et si nous perdons un nombre impressionnant chaque jour, nous en avant suffisamment pour vivre un bon millier d’année ! Chacun d’eux émet un nombre important de ramifications s’articulant, chacune, avec la ramification d’un neurone voisin pour produire une synapse.
On évalue à cent mille milliard de nombre de synapse existant dans le cortex à l’âge de 2ans. Ce qui est sans commune mesure avec la capacité des ordinateurs les plus sophistiques. Toutefois, à cet âge, les synapses ont une organisation instable, et leur existence est précaire. En faite, suivant les conditions dans lesquelles s’effectuerons les apprentissages auxquels nous sommes soumis au cours de notre éducation, chaque synapse devra s’engager dans une alternative : se stabiliser ou bien dégénérer.
En fonction de l’expérience active d’un sujet et selon la richesse des situations explorées, l’apprentissage sollicitera sélectivement certains circuits synaptiques qui tendront à se stabiliser si leur fonction est convenablement entretenue.
A l’inverse les synapses qui n’auront pas été sollicitées tendront à dégénérer. Lorsqu’une synapse se sera stabilisée, elle pourra si nous l’entretenons, revenir à son état initial pour être réutilisée. Les synapses inutilisées seront, elles, condamnées à se dégénérer définitivement.
Aussi paradoxal que cela puisse paraitre, c'est-à-dire en se conditionnant à certains types d’apprentissages techniques, on stabilise certes des synapses, mais on opérant ce choix, ou plutôt en le subissant, on est contraint d’en éliminer d’autres.
Ainsi ce que nous gagnons en spécialisation, nous le perdant en compétence stratégique, en potentiel d’adaptabilité, d’où restriction de notre champ d’action et perte progressive, avec l’âgé, de notre identité sociale.
Pour tenter de remédier a cette perte irréversible, il convient d’offrir aux enfants des activités compensatoires (manuelles, artistiques et sportives), à dominante ludique et d’où sera banni tout esprit de compétition.
Pour les mêmes raisons, les adultes qui vieillissent le mieux sont ceux qui ont des «hobbies» et manifestent, devant les choses de la vie, une attitude de recherche et de curiosité, laquelle n’est pas sans rappeler celle de l’enfant en quête de d’exploration active pour découvrir et investir son milieu environnant.